du futur

Psycho
géo

Entre reconnaissance éclairante et perpétuation opiniâtre, la poésie souffle plus loin que nos tombeaux. Elle évite à la langue de mourir. Et pour cela elle se doit d’être l’écriture embrasée, quintessenciée, insurrectionnelle de la vie.

Zéno BIANU et André VELTER – Prendre feu

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Le seuil

Au bout du tunnel

la lumière blanche

Pourquoi sortir quand le noir est si chaud ?

Le sable s’égraine sous les rayons

Mais là où je végète

le temps est Un

Compact, circulaire

Il tourne en rond et je me consume

Sans désir

Les poumons vierges

Le ventre alimenté par son souffle

Les oreilles pleines de ses hurlements.

 

Hésitant

Je diffère l’urgence

La fin de ses plaintes signe mon renoncement

De spectateur

En camisole

Et la fin

De ma tranquillité

Entrer dans la vie c’est lui permettre d’y rester

Refuser c’est nous achever

Une question émerge de ce magma indifférencié

La première, l’originelle

A quoi ressemble-t-elle ?

 

Ca y est

L’excitation est née

Le désir suinte d’interrogations :

A t’elle la peau crémeuse ?

Un voile blanc sur ses rondeurs généreuses ?

Une poitrine derrière sa joaillerie ?

Un soleil poli sur son visage exquis ?

Et encore :

Est-elle aussi belle que son époque ?

Après tout je m’en moque

Car c’est parti

Je frétille d’envies

Et lentement je glisse

Dans un bain rubis.

Le tremble

Des ancres marines

Au bout de ses racines

Le vieux tremble

Tremble

Mais sans humeur chagrine

Les histoires des vents

Il en goûte les sens

A grands traits sur son

Tronc

L’écorce les dessinent.

FÊTE INTIME

Flammes

Flots

Flammes et flots

Soleil éteint mais

Etoiles suspendues au-dessus des

Eaux

Climat

Atmosphère

Vagues de beauté, de

Mystères

Clapotis entre tes

Rives

Frontières biologiques

Illusoires

La foule n’est plus

Flammes et flots

Effilochent la foule

Pluie d’étincelles

Gouttes jaunes

Chaudes

Le port

Clairsemé de feux intimes

Invite au retrait partagé

Carabosse

Endosse la blouse de soignante

Blues

Entre tes oreilles danse l’électricité

Des passerelles sont jetées

Le flux autour des origines peut progresser

Énergies de la nuit

Funambules à vélo au-dessus des

Flots

Flammes

Flammes et flots

Appellent de l’aube

Boucles incantatoires

Alternance du rythme

Répétition apparente mais diversité

Insistante

Au guichet des murènes

Le renouveau est convoqué

Cercles de feu

D’eau

De chair

S’évadent de leur centre

Sans perdre leur sens

Spirale ascendante

Nuit spirituelle

A la recherche d’une autre géographie

Espace renversé

La mer au-dessus de toi

Cherchant à t’accoucher

Tunnel Tunnel Tunnel

Métamorphose

Dans un silence tamisé

Les fontaines ardentes chantent leur douce

– mélancolie aux réverbères embrasés.

Le POÈME

Persistance du désir

Permanence de l’obstacle

Le poème

Comme un roulement

De langue

Qui racle

Avance

Se retourne

Se détruit

Mais avance

Sans cesse

Remodelé

Et pressentant

L’oracle.

Éléonore

Tu tournes, tu tournes

Tu montes et tu descends

En cela imitant

La course des astres

Le soleil s’agenouille

La lune rougit

Quand tu ondules ainsi

Et le vent ?

Que fait le vent ?

Coquin il se faufile

Pour venir se chauffer

Au plus près

De ton centre de gravité

Gravité de ta solitude

De ta tristesse infinie

Car indéfinie

Tournoyant sur elle-même

Entre tes deux yeux

Mi-clos

Paradoxe du moment

Cette gravité

Tu la danses

Avec légèreté

Un pas

Un autre

Suspendue

Entre ciel et terre

Comme sur un fil

Tendu

Entre deux amours

L’un disparu

L’autre

A venir

Au prochain lever du jour

Prochain carrefour

Prochain corps à corps

Éléonore

Écoute les cordes jouer

Et continue de danser

De peser

De tout ton spleen

Avec légèreté.

L'amoureux

Assis sur le parapet

L’amoureux s’impatiente

Ah le temps

Attente haletante

Sous ses yeux la mer bleue

Alterne les tendances

Sa poitrine est grand’ salle

Aux fenêtres battantes.