de ndongo

Quatrains

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cycle 1

Xooxoxo

Le poète est un géant qui passe sans effort par le trou d’une aiguille et, à la fois, un nain qui remplit l’univers.

Pierre Reverdy, Le gant de crin

À mon arrière-grand-mère Léonie.

Non pas le néant, non, pas de désert aride

Entre les étoiles d’or n’est pas le grand vide

Là réside la possibilité de l’être

Des vagues immobiles écume candide.

Ndongo : Plus qu’une religion, plus qu’une philosophie, le bwiti, société initiatique du Gabon, est, pour les personnes dont le cœur ne s’égare pas en chemin, une école de l’Homme, un art de vivre.

Dans la langue du bwiti, Ndongo signifie l’aiguille, généralement piquée dans une plume de perroquet, et symbolise la parole juste.

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 Dans le ciel un palais sur le marbre un reflet

Danse Belle à l’heure folle du feu follet

Les anges minéraux suivent ton numéro

Le tragique et la mort effleurent ta beauté.

 

Cette vague qui porte à l’abîme tes os

Ondulait bien avant ta sortie du repos

Elle n’existait pas que déjà son possible

Sifflotait son amour au plus secret des eaux.

 

Des étoiles la nuit, des ombres la journée

Silence dans la guerre effroi dans la beauté

Le puits dans le désert la friche dans la ville :

Il rit le condamné avant d’être emporté.

 

Non pas le néant, non, pas de désert aride

Entre les étoiles d’or n’est pas le grand vide

Là existe la possibilité de l’être

Des ondes immobiles étranges sylphides.

  

Émergeant du levant chevauchant le ponant

La Loire offre en passant merveilles et présents :

Futreaux au fil des joncs carpes et tourbillons

Nids de sable accueillant mouettes cormorans.

 

Espoir contre chagrin la mère sue la peur

Au pied d’un mur sans fin l’éléphanteau se meurt

Tête contre paroi sa mère pousse encore

Dedans survit la foi dehors s’écoule l’heure.

Vois cet homme au labeur : sans l’air d’un grand vicomte

La géographie de son visage nous conte

La belle histoire d’un cœur léger et joyeux

Menant mortel combat sans jalousie ni honte.

 

Pour Léonie :

Souvenir révélé à la croisée des songes

Au delà de la mort ni secret ni mensonge

Aïeule des trottoirs répudiée par les tiens

Du clos de la honte brise à jamais la longe.

 

Branches enchevêtrées et grèves désertées

Landes abandonnées villages dévastés

A travers ces contrées lentement je chemine

Car au loin je devine un sommet enchanté.

 

Danser sans cesse entre racines et bourgeons

Chercher la canopée quand noire est la chanson

Le soleil et la lune applaudissent en cœur

Ces efforts visant à boxer l’oscillation.

 

Des rayons matinaux effleurent de leurs voiles

Une terre givrée, éveillant mille étoiles

Rémanence de nuit et promesse d’un jour

Levé pour rêvasser près d’un modeste poêle.

 

Mortelle est la forme et éternelle l’essence

Vois là-bas ce bel orme élégamment il danse

Demain iront au vent ses atomes mourants

Laissant environnante une infinie présence.

Sous mon pin parasol l’esprit vacant je vole

Meurt le temps croît l’espace et l’horizon s’affole

Loin de la surface le réel se dévoile

Spirale à double face unique farandole.

 

Émetteur récepteur carrefour et vecteur

Laisse couler en toi les fluides migrateurs

Canalise sans frein évite tout arrêt

Sois le moins imparfait et tends vers le meilleur.

 

Au pied du vieux château des esprits se prélassent

Là mon ombre est double sur l’herbe verte grasse

Dansez sous le soleil filiformes silhouettes

Mon cœur s’emplit de joie et monte à la surface.

 

La ville dévorant sournoisement le ciel

La colline et la mer tout baigne dans son fiel

Mais la ville aussi brasse et lie idées et peuples

Tel l’esprit ses muses aux jupes couleur miel.

 

Oh la vie cristallisée dans ces modestes vers !

Qui leur insufflera l’énergie nécessaire

Leur permettra d’aller rejoindre tes contrées

Et fleurir tes ébats de pensées libertaires ?

 

Seul le silence suit la rafale de vent

Intention abandon tension relâchement

Maître de la semence accepte la récolte

Le cycle de la vie son rythme permanent.

C’est à la marge que se crée le renouveau

Là où le souffle vif de l’anarchie prévaut

Haro sur l’arrogant chacun prend la parole

Un pour tous, tous pour un, tissant grands idéaux.

 

Un souffle caresse la surface des mers

De l’humus s’élèvent des êtres doux amers

Silhouettes fragiles cherchant leur équilibre

Entre enracinement et traversée des airs.

 

Là où rien n’est précis là où rien ne se fige

A la périphérie d’un monde sans vertige

L’insoumis chante là sa poésie des marges

Liant verbe onirisme et l’inédit s’érige.

 

 Petit homme assis là méditant sur la loi

Je gouverne mon âme ou un autre que moi

Fera pénétrer là peurs sombres et tracas

Quand je chéris la flamme ardente de la joie.

 

À l’ombre du tremble je contemple ma vie

Sur son étique pied la feuille au vent frémit

Chahutée ballottée mais conservant le sens

Du flux virevoltant qu’elle épouse ravie.

 

Entre désir et peur je m’agite en souffrance

Convaincu que malheurs riment avec errance

Vient le temps où le cœur quitte toute défiance

En paix dans ta grandeur j’agis bien en présence.

Ici fut le conflit là gisent les squelettes

Hier ombre et lumière en toi contaient la geste

Du déploiement de l’être aujourd’hui unifié

Dans cette vérité : tu es tes faits et gestes.

 

L’on va loin pas à pas : lis et relis tes livres

Ils te préparent aux vérités qui délivrent

L’une d’elle bientôt près d’un cap délicat

Grave en toi son écho homme en quête de vivre.

 

Facilité repos petit Pinocchio

Ne t’apporteront que la fortune du sot

Etre libre réclame efforts discernement

Un combat contre toi pour que bois devienne os.

 

 La beauté dérobée au zénith du chemin

Retrouve ses attraits quand vient soir ou matin

Don du soleil rasant un feuillage accueillant

Joie de l’effleurement caresses de satin.

 

Par la force de l’eau le ciel offre à la terre

Le pouvoir d’enfanter élever dans les airs

Plantes et animaux, hommes femmes égaux

Semblables et divers car tous complémentaires.

 

Patiemment extraire l’anarchie de la nuit

Déconstruire tout ce qui a été construit

Lentement transformer rêve en réalité

Et du présent jouir serein épanoui.

Courbes ondulantes sous de fins vêtements

Intimités données aux regards clairvoyants

Les peaux nues frémissent sous sa percée coquine

Le voilà l’enivrant l’érotique printemps.

 

Désirs électriques à la surface de

L’être reconnaissant. Voici le généreux

Dessein du fol printemps : ramener à la vie

Après viatique l’orbe du merveilleux.

 

Quitter ses possessions en franchissant les murs

Perdre ses idéaux tel l’arbre ses fruits mûrs

Laisser peurs et amour résoudre leurs conflits

Enfin aller en vie sur le fil de l’épure.

 

Teintée d’éternité, d’amour couleur marine

La vie à tes côtés chaque jour illumine

Les ténébreux aspects de mon être subtil

Fleurissez noirs terrils, éclos beauté des mines !

 

Un fait demeure un fait pourquoi l’étiqueter ?

Tu te voues au malheur ne cessant de juger

Ca est bon ça mauvais : tes émotions te leurrent

Cesse donc ces procès accepte ce qui est.

 

Entre l’infiniment grand et l’infiniment

Petit règne l’Homme : de la nature enfant

Soumis puis contempteur, évoluant vers quoi ?

Là mûrit ton être de la vie le servant.

Entre deux niveaux d’énergie vibre la vie

La terre et le ciel l’enfer et le paradis

Font de l’Homme un redoutable champ de progrès

Et de l’Enfant l’espoir d’un fruit plus accompli.

 

Rouge entre noir et blanc la vie n’a pas de camp

Entre naissance et mort de passage en vibrant

Entre dedans dehors tenace tremblement

L’éternel entre-deux va et vient ardemment.

 

Dire je t’aime c’est façonner une bulle

De savon que l’on sème au souffle majuscule

Sous son vol tranquille même crêtes hostiles

Laissent avec style sonner la campanule.

 

 Au fond de moi se trouve un ciel empli d’étoiles

Parents amis femme enfants brillent là sans voile

Parfois filent des astres l’œil les suit en vain

Mais ton apparition persiste sur la toile.

 

Quelques météores charmants mais insistants

M’entraînent sans discours parfois à mes dépens

Chacun dans son sillage où j’apprends la gouverne

Par la raison guidé profitant de l’élan.

 

Sur la voie lâche prise et impedimenta

Oscillante la vie ici rythme tes pas

Au puits et aux labours tu te reconfigures

Sans cesse en transition sous de variants climats.